Une autre histoire du corps

Souvent futile, dédié à la détente sur le sable, aux jeux de ballon sur la plage et à l’exhibition du corps plus qu’au sport… le maillot de bain sent trop le monoï pour être pris au sérieux. Pourtant, il a fallu des combats de longue haleine pour en arriver là. À l’origine ample et longue chemise, le vêtement de bain est porté par les deux sexes. Mais la société n’a pas dévolu les mêmes droits au vêtement féminin et masculin, et à travers le maillot de bain, c’est l’histoire du genre que l’on relit.

Mais c’est aussi une histoire de l’eau et de la sphère publique, du bain et de l’hygiène, étroitement liée à la médicalisation et à la scientifisation du monde, aux tendances de la mode dominante et aux progrès de la technologie textile. La chemise, la robe ou le maillot de bain ont transformé le bord de mer, les centres de thalassothérapie et les piscines en lieux de l’émancipation féminine. En contrepartie, le corps rendu public subit de nouvelles injonctions à une beauté normée, à une perfection inatteignable, poussant les femmes à s’épiler et à faire des régimes en vue du fameux « summer body ». Ces exigences sont notamment imposées par la publicité, l’industrie… et une domination masculine renouvelée.

Dans les années 1960-1970, le maillot de bain est largement accepté. Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Bikini, monokini, trikini, burkini ou facekini, le vêtement de bain est devenu une pièce éminemment politique. Suscitant même, dans le cas du burkini, de violentes polémiques. La remise en perspective historique des autorisations et interdictions, avancées et reculs, autour du maillot de bain révèle bien la portée symbolique de ce bout de tissu, véritable enjeu de pouvoir.

Cote : 391.48 M653d

Feuilleter un extrait de ce livre.

Lire un article publié par La Presse et écouter une entrevue avec l’autrice diffusée par Ici Première.

Également par Audrey Millet : Le livre noir de la mode : création, production, manipulation


Source: Rosalie Méthot, Bibliothèque